DISPARITION

André Asséo

Il savait provoquer la confiance de ceux qu’il interviewait. Une question d’écoute, sans doute, de sympathie, aussi. André Asséo, mort le 1er février 2020, à l’âge de 91 ans, avait le talent de plaire. Et pas à n’importe qui : Georges Brassens, Romain Gary, Jean-Louis Trintignant. Il leur rendait leur affection en les célébrant au mieux : des journées musicales à Sète pour l’un, une pièce de théâtre pour l’autre (Gary/Ajar, en 2007), des livres d’entretiens pour le troisième (La Passion tranquille, en 2002, Du côté d’Uzès, en 2012) … 

Dans sa longue vie, il aura exercé divers métiers : grand reporter à Radio Monte Carlo, à la fin des années 50). Responsable des relations publiques chez Philips, puis Polydor. Et aussi promoteur infatigable et permanent de Nice, devenue la ville de cœur de ce Parisien pure souche. C’est en 1982 qu’il produit et anime l’émission cinématographique « Les Etoiles de France Inter » qui deviendra « Les Etoiles du cinéma », puis « Cinéfilms ». En ouverture, la voix de Jean-Pierre Marielle, constatant avec stupéfaction : « C’est bien, le cinéma à la radio ! » … Et chaque semaine, un feuilleton : de grands entretiens, sur plusieurs épisodes qui permettent, de détailler la carrière et la psychologie d’un créateur…

« Cinéfilms » s’arrête en 2006, dans le cadre, comme dit joliment France Inter, du renouvellement permanent de l’antenne : délicat euphémisme pour masquer l’âge du capitaine… A la dernière, participent, outre Trintignant et Marielle, les amis de toujours, Jeanne Moreau, Claude Chabrol, Bertrand Tavernier, Alain Resnais... Tous venus remercier André Asséo de les avoir si bien défendus. De les avoir tant aimés.

© AFP / Olivier LABAN-MATTEI

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