Ouverture de la Lettre n°52

« À l’heure de faire migrer la Lettre du Syndicat de la critique sur Internet, s’est posée la question de (re)définir sa fonction. Celle de courroie de transmission entre le syndicat et ses adhérents étant désormais prise en charge différemment par le site et les newsletters, il s’agissait de lui assigner un rôle plus spécifique. Nous avons alors décidé de l’envisager à la fois comme une cellule de crise et un foyer de résistance : un lieu de témoignage, d’échange et de proposition. Le fait que notre profession aille mal n’est certes pas un scoop. Mais ce qui importe aujourd’hui, c’est de ne pas s’y habituer. Et c’est aussi de créer des zones de rapprochement. En effet, le mouvement de la crise est un mouvement qui éloigne, qui creuse les écarts, isole les problèmes et les individus, intensifie les solitudes. S’y opposer c’est donc d’abord s’opposer à ce mouvement. C’est pourquoi il importe de renverser un peu les choses : cesser d’être une somme de professionnels en galère pour devenir une profession en lutte. Pour aller dans ce sens, La Lettre se propose d’être tout à la fois un cahier de doléances, une boîte à idées et une interface de dialogue. Symboliquement nous l’entamons à quelques jours du festival de Cannes, caisse de résonance traditionnelle des inquiétudes et des révoltes des professionnels du cinéma. La Lettre nouvelle formule commence ici : je la déclare ouverte. » (extrait de l'édito de Nicolas Marcadé)

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Quelques mots sur La Lettre nouvelle formule

Basiquement, La Lettre se propose de bien porter son nom et d’envoyer régulièrement des nouvelles de la critique de cinéma, à ceux qui la font et à ceux qui s’en préoccupent. 

En ces temps où tout – du contexte économique aux données technologiques, du flux débordant des images offertes à la consommation au reflux de la place réservée à la culture dans le paysage éditorial – oblige la critique de cinéma à se réinventer, La Lettre se propose de suivre, observer et accompagner cette transformation. Lieu de réflexion et de dialogue, elle s’envisage comme une interface, à la fois entre les adhérents – qui pourront y échanger sur leurs pratiques, leurs préoccupations, leurs engagements, leurs idées... -, et entre le syndicat et l’extérieur, pour communiquer sur le métier de critique, ses difficultés, son éthique, son utilité. Par le biais de témoignages, entretiens, enquêtes, humeurs, etc., elle reviendra, à intervalles larges mais réguliers, entretenir la conversation et ouvrir le débat.

Nicolas Marcadé
Rédacteur en chef de La Lettre

Historique de La Lettre

La Lettre est passée par différentes phases. D’abord, ce fut un simple bulletin à usage interne, un modeste polycopié sommairement agrafé, lancé en février 1993. Trois ans plus tard, il devint La Lettre du SFCC, dont le N°1 date de février 1996. C’était déjà mieux, malgré le papier rugueux et la terrifiante médiocrité des reproductions photographiques qui étaient censées l’illustrer. A tel point que dans le N°16 (Mars 2001), nous renoncions solennellement à toute illustration. D’où une Lettre austère, 20 pages de texte serré, uniformément sur 3 colonnes. Quelques photographies réapparurent dès le N°17, bénéficiant d’une meilleure reproduction.

Il fallut aussi rationaliser le planning de cette Lettre, jusque là aussi sporadique qu’anarchique. Décision fut prise d’une parution régulière, à raison de deux numéros par an, aux équinoxes. Un peu de couleur vint aussi égayer les numéros suivants.

Mais la véritable métamorphose date du N°27 (mars 2005). Une nouvelle maquette, réalisée par une professionnelle, un format légèrement augmenté, 32 pages, un souci croissant d’une illustration de qualité, et le parti pris d’une photo pleine page à la une.

Cette  revue proposait ainsi des reportages sur les principaux événements de la vie du SFCC (la soirée des Prix, la Semaine de la Critique, les réunions du Conseil, l’AG annuelle). Mais aussi des rencontres avec les cinéastes, une bibliographie perpétuelle du cinéma, le portrait de quelques « fous du cinoche », des aperçus sur ce qui se fait de mieux à la télévision, un feuilleton sur la critique de cinéma à travers le monde, et aussi des pages de conseils pratiques, d’information sur le métier et les droits des journalistes et des critiques, les scandales des mises au placard ou licenciements.

En 2018, la décision fut prise d'arrêter l'impression de la Lettre, qui désormais devient une publication digitale, directement consultable sur le site du SFCC.